La rigueur de jeu et l'impressionnante largeur de son dont Marc Coppey fait preuve dans tous les registres peuvent nous laisser affirmer que ce musicien fait partie des meilleurs violoncellistes du monde. On peut en dire de même du pianiste Peter Laul, maître absolu du clavier.

La sonate n°5 de Beethoven, en ouverture du programme, laisse le violoncelle s'exprimer largement et avec profondeur, tout en laissant chanter le thème de l'adagio, très nuancé. Dans la sonate en ré mineur de Chostakovitch, ce sont les arpèges du violoncelle qui l'emportent sur le thème du piano. Le duo offre des moments sublimes dans les passages les plus abrupts, par la finesse de subtils glissandi, toujours très contrastés. Puis, le violoncelle chante la prière du "largo" pour nous amener jusqu'au au tempo final, agité, dans lequel le pianiste excelle dans les passages les plus turbulents, avec une grande détermination. Dans la sonate en ré mineur de Debussy, pleine de détails rythmiques, le violoncelle reprend le dessus, pour ensuite laisser place à une nouvelle et excellente version de la sonate de Franck. La comparaison avec la version récemment entendue du duo Repin-Lugansky est inévitable : celle-ci était parfaite dans son exécution avec un piano « mathématique » et un vibrato digne de la plus haute école de violon. Celle de Marc Coppey et Peter Laul était plus musicale. Le violoncelle a su faire preuve d'une justesse parfaite, même dans les aigus difficiles, et le piano a su maintenir l'équilibre nécessaire tout au long de l'œuvre.

JOSÉ MIGUEL SEBASTIÁN, El Norte de Castilla, Espagne



Après une brève et martiale introduction orchestrale, Marc Coppey entre en scène: puissant, rond, le violoncelle instaure d'emblée un climat inquiétant et angoissé auquel répond parfaitement l'orchestre. Le deuxième mouvement, un Intermezzo, est le plus original puisqu'il alterne passages très oppressants (les timbales instaurant une véritable atmosphère de marche funèbre) et, à deux reprises, parenthèses joyeuses aux accents folkloriques qui se manifestent par un dialogue insouciant entre le violoncelle et les flûtes. Marc Coppey, à l'unisson de l'orchestre, se montre tour à tour élégiaque, virtuose et espiègle (les trois pizzicati conclusifs interprétés comme un pied de nez à la mort qui hante le reste du mouvement!), rendant parfaitement justice à la richesse d'une partition qui figure depuis longtemps parmi les chevaux de bataille des violoncellistes. Le troisième mouvement est une danse (une tarentelle selon certains) recourant à des motifs ibériques qui ne sont pas sans préfigurer España de Chabrier (1883). Là encore, la réussite des interprètes, qui manifestent une joie visible à cheminer dans ce parcours coloré, est totale. En bis, Marc Coppey fait montre, si besoin était, de ses immenses talents de virtuose en interprétant la première des Trois strophes sur le nom de Sacher (1976) que Dutilleux a composées pour les soixante-dix ans de Paul Sacher à la demande de Mstislav Rostropovitch.

Sébastien Gauthier, concertonet.com, mai 2008



Le cycle «Musique russe» organisé au Musée d'Orsay se poursuivait avec un récital de Marc Coppey et Peter Laul consacré aux trois plus célèbres sonates composées dans ce pays au siècle passé, celles de Rachmaninov, Prokofiev et Chostakovitch, que le violoncelliste français et le pianiste russe viennent d'enregistrer dans un double albumAeon comprenant par ailleurs une Sonate de Schnittke. Le rapprochement des trois oeuvres, données dans l'ordre chronologique inverse de celui de leur composition, a particulièrement mis en lumière une inspiration voisine, de caractère versatile, rhapsodique et contrasté. Mais pour mettre à jour les tourments de l'âme russe qui se révèlent dans ces pages, faut-il nécessairement les aborder à l'emporte-pièce, le coeur sur la main, sentimentalisme en avant et archet ronflant? Marc Coppey est un styliste d'un trop grande élégance pour tomber dans un tel piège et s'impose, dès la Sonate (1950) de Prokofiev, par sa finesse et sa précision. Rien de trop lisse pour autant dans son jeu, car non seulement ses attaques savent rester mordantes, mais son sens lyrique n'est jamais pris en défaut et il obtient en outre de superbes couleurs de son Matteo Goffriller. La Sonate (1934) de Chostakovitch bénéficie d'un traitement aussi réussi: l'archet ne s'y fait jamais pesant et l'intensité des phrasés est servie par un impeccable legato. Vision que l'on serait tenté de qualifier d'apollinienne si le Largo n'était si profond et l'Allegro final si inquiétant, soutenus par un piano à la fois solide et distancié. En seconde partie, la Sonate (1901) de Rachmaninov, née, comme celle de Chostakovitch, de la plume d'un compositeur de vingt-huit ans, autorise davantage d'exubérance et moins de retenue: Coppey s'y lance donc avec fougue, sans toutefois relâcher le contrôle, tandis que Laul est à l'unisson de cette lecture d'une tenue exemplaire, expressive sans emphase, mais en même temps sans sécheresse. Les artistes remercient le nombreux public par deux bis en parfaite cohérence avec le programme: l'adaptation par Tchaïkovski de l'Andante cantabile de son Premier quatuor (1871), précédée de l'un des innombrables arrangements de la Vocalise (1915) de Rachmaninov. Dans ces deux pièces, la noblesse de ton écarte avec éclat toute tentation de facilité.

Simon Corley, concerto.net



On marquera enfin d'une pierre blanche le concert donné par Marc Coppey et ses élèves du Conservatoire de Paris dans la belle église du Chazelet. Une Première Suite de Bach d'abord, remarquable par la concentration du jeu, la rondeur chaleureuse de la sonorité et la noblesse de l'interprétation. Les Bachianas Brasileras n°1 et 5 de Villa-Lobos ont permis aux jeunes solistes de déployer tout leur talent et de montrer, sous la houlette tutélaire de leur maître, leur capacité à former un ensemble exemplaire d'homogénéité. On a plutôt aimé la longue plainte pour violoncelle seul qu'est Cèdres en voiles (1989) d'un Gilles Tremblay là aussi assez lyrique, mais c'est le Chant de Nyandarua pour quatre violoncelles (1985) de Jean-Louis Florentz, récemment disparu, partition inspirée par cette Afrique où il a si souvent puisé son inspiration, qui a le plus ému, par l'intensité de son lyrisme et la beauté de ses mélodies : une œuvre où tout, comme toujours chez cet indépendant viscéralement hostile à l'embrigadement des chapelles, quelles qu'elles soient, n'est que chant de l'âme, bien digne d'être rejouée en bis (31 juillet).

Didier van Moere, concertonet.com



Dans le Triple Concerto de Beethoven, c'est le violoncelle de Marc Coppey au timbre si proche de celui de Casals, qui a mené la partie

Jacques Doucelin, concertclassic.com (Concert à Paris, Salle Pleyel, Orch. Nat. de Lille, dir. : J-C Casadesus)



La presse du CD Dutilleux-Caplet

Diapason d'Or
L'un des chefs d'œuvre de la musique du XXème siècle défendu par un prodigieux violoncelliste.

Après le créateur et fondateur Rostropovich, le regretté Pergamenchikov et le vif Mørk, voici venu Marc Coppey, qui prouve que tout n'a pas été dit, tant s'en faut, dans ce sommet de la littérature pour violoncelle au XXe siècle. Ce monde de l'inconscient et de l'indicible, cette sensualité toujours de haute tenue, cette poétique subtilement vénéneuse à la manière des Fleurs du mal qui l'ont inspirée, obtiennent sous l'archet de Marc Coppey une expression claire, directe, évidente. Enigme trouverait presque sa solution dans cet instrument qui réussit l'effacement comme l'affirmation ; Regard se fait nostalgique, mais sans épanchement vulgaire, Hymne affiche une virtuosité grisante, jamais gratuite.

Benoît Fauchet, Diapason, mai 2008



Choc du Monde de la Musique
Marc Coppey approfondit une lecture personnelle, introvertie et raffinée. La magie du chant et du timbre du violoncelle s'allie à un orchestre à la fois sobre et étincelant, excellemment dirigé par Pascal Rophé. Bien qu'il se refuse à employer les grandes masses et qu'il privilégie une instrumentation raréfiée, le compositeur fait entrevoir un monde irréel. Le chef comme le soliste l'ont fort bien compris. Les compléments sont de toute beauté –Trois Strophes sur le nom de Sacher (1976-82) et Epiphanie (1923), page magnifique et méconnue d'André Caplet (1878-1925) – et joués de façon impeccable. Il faut saluer la qualité de la présentation, l'éditeur offrant en bonus un remarquable entretien avec Henri Dutilleux.

Patrick Szernovicz, Le Monde de la Musique, juin 2008



« Tout un monde lointain » par le violoncelliste Marc Coppey est un enchantement qui rend le plein mystère, l'intrinsèque poésie et le lyrisme miroitant de la musique d'Henri Dutilleux, né en 1916. La finesse de l'orchestration est admirablement soulignée par la direction sobre mais intense, de Pascal Rophé. Tout simplement magistraux, les Trois strophes sur le nom de Sacher et la belle Epiphanie méconnue d'André Caplet qui complètent le programme. Enfin, bonus fort appréciable, l'intéressant entretien de Jean-Michel Nectoux et Marc Coppey avec Henri Dutilleux lui-même.

Marie-Aude Roux, Le Monde, 17 juin 2008.



Le violoncelliste Marc Coppey vient d'enregistrer « Tout un monde lointain… » et les « Trois Strophes » d'Henri Dutilleux. Le disque est sublime : ce concerto est un chef d'œuvre, et Coppey le défend avec une poésie qui n'ets qu'à lui, faite de passion et de tenue, comme s'il grandissait tout ce qu'il touche. Et l'on n'imaginait pas que les « Strophes » puissent être jouées dans cette lumière, à la fois crue et tendre.

Jacques Drillon, Le Nouvel Observateur, mai 2008



Couplé à Epiphanie d'André Caplet et aux Trois strophes sur le nom de Sacher d'Henri Dutilleux, Tout un monde lointain permet au violoncelliste Marc Coppey de déployer les talents qui sont les siens, et notamment sa capacité à apprivoiser les multiples plan sonores de l'univers si personnel de Dutilleux, à faire chanter son instrument tout à la fois avec passion et rigueur et à tisser un dialogue intime avec l'Orchestre Philharmonique de Liège, ici sous la baguette de son directeur musical, Pascal Rophé.



Valeurs Actuelles, mai 2008
Le violoncelliste Marc Coppey et le chef d'orchestre Pascal Rophé ajoutent leur version de Tout un monde lointain… d'Henri Dutilleux, d'une plénitude rare.

L'Express, mai 2008



Créé en juillet 1970, Tout un Monde Lointain a déjà fait l'objet de nombreux enregistrements, parmi lesquels une interprétation magnifique parue chez Chandos avec Boris Pergamenschikow et Yan Pascal Tortelier à la tête du BBC Philharmonic Orchestra. L'enregistrement proposé par Aeon se hisse au sommet des meilleures interprétations, à l'égal de cet enregistrement, reconnu par certains spécialistes comme l'un des meilleurs. L'Orchestre Philharmonique de Liège – Wallonie-Bruxelles, dirigé par Pascal Rophé et le violoncelliste Marc Coppey font des merveilles et rendent justice à l'élégance d'écriture de Dutilleux. La prise de son éclaire par ailleurs très bien les deux plans sonores du concerto. Le disque se poursuit avec les non moins célèbres Strophes, une autre commande de Rostropovitch. Mais la suite de cet enregistrement est bien plus intéressante. A la demande du compositeur, Aeon a enregistré une œuvre d'André Caplet, Epiphanie, une fresque musicale d'après une légende éthiopienne écrite pour violoncelle, orchestre ou piano, que Dutilleux avait autrefois interprété avec le grand Maurice Gendron. Les parentés d'écriture sont stupéfiantes : on y entrevoit les influences et les racines stylistiques d'un des plus grands compositeurs français du XXème siècle. En guise de bonus (et non des moindres), l'auditeur pourra trouver dans ce double disque un entretien de trois quarts d'heure avec Henri Dutilleux, mené par Jean-Michel Nectoux et Marc Coppey, et qui retrace la genèse des deux œuvres proposées ici.

Damien Deshayes (27/04/2008)



Sous la forme d'un concerto pour violoncelle, avec le Français Marc Coppey en soliste, « Tout un monde lointain » (inspiré par Baudelaire, et créé en 1970 par Rostropovitch) déploie le langage chatoyant, puissant et poétique du compositeur français, un langage à la fois savant et sensuel, et défendu comme tel, Coppey confirmant une inspiration à la hauteur de ses immenses moyens.

Martine Dumont-Mergeay, La Libre Belgique, avril 2008



Marc Coppey fait partie de la fine fleur des jeunes violoncellistes français. Il signe un enregistrement très habité de cette splendeur qu'est Tout un monde lointain... (1970) de Dutilleux. Il conjugue âpreté et retenue, souplesse et tension, laisse planer le mystère dans les instants de contemplation. L'entente est parfaite avec l'Orchestre philharmonique de Liège (les timbres, les climats!) que dirige de manière superlative Pascal Rophé. Outre Trois Strophes sur le nom de Paul Sacher, Marc Coppey et Pascal Rophé offrent l'envoûtante Epiphanie d'André Caplet, d'après le conseil de Dutilleux que l'on entend en interview (second CD).

Julian Sykes, Le Temps, Genève, mai 2008



…Musicalement, l'OPL, placé sous la direction de Pascal Rophé, tisse autour de l'instrument soliste un paysage d'une transparence raffinée. Quant à Marc Coppey, c'est en poète qu'il aborde les longs soliloques de Dutilleux tout en maintenant avec les solistes de l'orchestre une complicité presque chambriste. Le reste de la sélection est le résultat d'une suggestion du compositeur. « On ne m'avait jamais demandé quel était le complément idéal d'un disque consacré à mon concerto. Pour moi, il était très clair que c'était Epiphanie d'André Caplet. » Une édition exemplaire qui nous introduit au cœur du processus de composition.

Serge Martin, Le Soir, Bruxelles, mai 2008



Marc Coppey meets Rostropovich on level ground in his phrasing and beautiful tone. He's more willing, too, to indulge in portamentos, though never extravagantly so, and he also gives us the composer's extended ending for the Concerto. At Dutilleux's request, the recording includes Caplet's Epiphanie, in which Coppey's poetic sensibility again finds most moving expression.

BBC Music Magazine, October 2008 *****



La presse du CD Sonates de Brahms pour violoncelle et piano
Marc Coppey et Peter Laul


Marc Coppey et Peter Laul offrent des interprétations remarquables par la beauté du timbre, la qualité d'intonation et d'articulation du violoncelle et l'assise rythmique, la fluidité d'un pianiste plutôt sobre mais attentif à faire rebondir le discours. Dans la première Sonate, particulièrement réussie, comme dans le grand « intermezzo lyrique » qu'est la transcription de la Première Sonate pour violon et piano opus 78 de 1878-79, les deux interprètes réussissent à donner leur poids aux détails sans obscurcir la ligne générale, et sans trahir, dans le cas de la « Regensonate » op. 78, l'essence mélodique d'un texte pensé initialement pour le violon. Cette spontanéité, cette justesse stylistique se retrouvent dans la Deuxième Sonate en fa majeur op. 99.

Patrick Szernovicz, Le Monde de la Musique, septembre 2008



Majors et labels indépendants poursuivent finalement le même but : donner aux interprètes la possibilité de s'exprimer et de construire un parcours. Ainsi, c'est grâce au petit mais formidable éditeur Aeon que le violoncelliste Marc Coppey enregistre le répertoire qui lui tient le plus à cœur au moment où il se sent prêt : ce qui nous vaut une version richement romantique des sonates de Brahms, alliant profondeur et élan avec une sonorité superbe.

Christian Merlin, Le Figaro, 30 octobre 2008



Marc Coppey l'avoue bien volontiers : Brahms orienta sa vocation de violoncelliste lorsqu'à l'âge de 4 ans, il écouta, subjugué, son Premier Sextuor. Avec la complicité du pianiste Peter Laul, il interprète ici trois sonates pour violoncelle sur un Goffriller (au grain plus chaleureux) qu'il préfère, à l'instar de Yo-Yo Ma, au Stradivarius. Pour lui, Brahms réconcilie tradition et modernité, musique savante et populaire, et cet enregistrement témoigne de son amour originel pour le compositeur allemand. Fruit d'une symbiose magnifique antre deux artistes au talent épanoui, ce disque respire d'un romantisme lyrique où le jeu tout en finesse de Marc Coppey fait merveille tandis que lui répond l'intensité du toucher de Peter Laul. Indispensable avant de devenir une référence.

Patrick Beaumont, La Gazette Nord-Pas de Calais



La presse du CD Sonates Russes pour violoncelle et piano
Marc Coppey et Peter Laul

On croyait bien le connaître, violoncelliste réfléchi, tout en profondeur et en délicatesse, avec ce que cela suppose d'introversion. Le voici dans le répertoire russe et il se “lâche”! Non que son jeu soit d'un seul coup devenu débridé, mais cette anthologie des plus belles sonates russes pour violoncelle et piano du XXe siècle (Rachmaninov, Prokofiev, Chostakovitch, Schnittke), le montre ardent et intense, avec un poids d'archet et une intensité de son qu'on ne lui connaissait pas. Le jeu ferme et musclé du pianiste Peter Laul est à l'avenant de ce disque puissant.

Christian Merlin, Le Figaro



Coppey marie une grande sonorité de violoncelle à un profond instinct d'interprète et Laul est un pianiste de première force. Les deux musiciens se complètent miraculeusement et forment l'un des duos les plus passionnants que le disque nous ait révélés depuis longtemps.

La Presse, Montréal



Marc Coppey et Peter Laul réalisent une vision enflammée de ces pièces du répertoire russe pour violoncelle et piano. A la fois violents et tendres, les deux musiciens nous proposent un coffret fiévreux.

On ne peut rester insensible à la spontanéité de l'enregistrement. Le grain chaleureux du violoncelle de Marc Coppey est accompagné par le piano bouillonnant de Peter Laul. Cette lecture passionnée est un subtil mélange de passion, de rêverie sentimentale et d'éruptions volcaniques. Fruit d'une réelle symbiose d'esprit, cet enregistrement est convaincant. D'autant plus qu'il présente des pièces maîtresses du répertoire russe pour violoncelle. L'intuition et le goût des interprètes les guident sans fausses notes, tout au long de ce périple dans les steppes russes.

Anthony Goret, Classiquenews.com, 8 mai 2006



C'est, à notre connaissance, la première fois qu'un enregistrement rassemble les quatre présentes sonates pour cello / piano. Et pour ce faire, le « jeune » label Aeon s'assure le concours de deux personnalités déjà « porteuses ». Marc Coppey, de plus en plus présent au concert comme au disque, et dont nous mentionnerons, pour mémoire, deux des enregistrements les plus remarqués : le Quintette à deux violoncelles de Schubert avec les Prazák, et surtout les six Suites pour violoncelle seul de J. S. Bach (…) Dans la sonate de Rachmaninov (…) la sonorité du Matteo Goffriller (début XVIIIe) de Marc Coppey fait merveille et cette interprétation l'emporte aisément, par exemple, sur la version Truls Mørk / Jean-Yves Thibaudet (Rachmaninov / Miaskovski, (chez Virgin), au phrasé moins convaincant et au piano plus « dur ».

Cette réalisation a le mérite de proposer quatre œuvres majeures de la « littérature » pour violoncelle et piano, et de surcroît servies par des interprètes idéalement inspirés.

Edouard Bailly, ResMusica.com, 29 janvier 2006



Quatre sonates russes du siècle passé, qui sont incontestablement les plus célèbres et sans doute aussi les plus grandes: deux heures de tristesse et d'ironie, de lyrisme et d'espoir, qui, au-delà de différences stylistiques bien marquées, caractérisent ces œuvres que l'on peut tenir pour d'éminentes expressions de l'âme russe. Mais Marc Coppey, qui vient de donner les trois premières au cours d'un même récital parisien, ne cède pas à la tentation de donner uniment et au premier degré dans le pathos complaisant et la larme facile.

Toujours digne, d'une tenue impeccable, le violoncelliste français s'épanche avec noblesse, sans mollesse ni surenchère, et chante de façon simple et sensible. Mais l'ensemble ne pèche pas par manque d'engagement ou de noirceur, à l'image de ces scherzi incisifs et rageurs (Rachmaninov, Schnittke). Jamais mise en avant, la technique n'en est pas moins splendide: finesse de la sonorité, qualité du legato, subtilité de l'archet. A ses côtés, le pianiste russe Peter Laul déploie un jeu très droit, refusant également toute compromission.

Simon Corley, Concertonet.com



Le portrait de Marc Coppey dans Le Figaro
Marc Coppey : « Brahms réconcilie les contraires »
L'association des jeudis du vieux Colmar qui s'est appelée ensuite « Eté Musical de Colmar » est une des plus anciennes sociétés de musique de chambre françaises. Depuis quatre ans, elle s'est modernisée, optant pour une nouvelle formule : sous la houlette de son président, l'architecte Michel Spitz, les Musicales de Colmar ont vu le jour, confiées à la direction artistique du violoncelliste Marc Coppey. A moins de 40 ans, cet Alsacien qui est depuis longtemps déjà l'un des très grands de son instrument n'avait pas vraiment besoin de cela pour sa notoriété et son agenda. Mais l'amour de la musique de chambre, qu'il enseigne au Conservatoire de Paris après avoir été pendant cinq ans membre su Quatuor Ysaÿe, a été plus fort. Cette forme de musique qui n'est pas moins exigeante que le jeu soliste, qui demeure son activité principale : « On est plus fatigué après La Jeune Fille et la Mort de Schubert qu'après le Concerto de Dvorak, et l'on n'est pas le même homme avant et après avoir joué l'intégrale des quatuors de Beethoven. »

Le principe des Musicales qui ont lieu à partir de demain et jusqu'au 20 mai au Théâtre municipal de Colmar est de réunir, autour d'une programmation thématique, un certain nombre de musiciens en résidence sur une courte durée. Et pas des moindres : pour les seuls pianistes, l'incroyable François-Frédéric Guy, le si sensible Philippe Bianconi, toujours trop rare en France, le tellement prometteur Bertrand Chamayou, et tout est de cet acabit… Tous étant sur place d'un bout à l'autre, les formats de concert les plus inhabituels sont possibles, permettant par exemple de jouer le Chaconne de Bach et le Pierrot lunaire de Schoenberg au cours de la même soirée. C'est Brahms qui est à l'affiche de l'édition 2007 : Marc Coppey reconnaît lui-même que la question « Aimez-vous Brahms ? », titre du Festival, n'est plus autant d'actualité qu'il y a quelques décennies, car la cause semble aujourd'hui entendue. Mais elle n'en est pas moins riche : pour le violoncelliste, Brahms réconcilie les contraires, amour du passé et modernité, musique savante et musique populaire.

« Jouer différemment chaque style de musique »

L'axe franco-allemand est essentiel pour Marc Coppey, dont les origines alsaciennes facilitent le lien avec la culture germanique. Les échanges sont pour lui perpétuelle source d'enrichissement. « Les musiciens allemands qui jouent la musique française sont souvent les plus passionnants, et inversement. J'aime Debussy par Gieseking et Schumann par Cortot ». D'ailleurs, il ne croit guère aux écoles nationales. « Ecole russe » ou « école française » de violoncelle ne veut pas dire grand-chose à ses yeux. « Peut-on réduire Rostropovitch à l'école russe ? Il a été un pivot dans l'histoire de l'instrument. Il y a un violoncelle avant et après Rostropovitch ». La notion même d'école n'est pas homogène : dans la tradition française, Coppey se reconnaît plus en Pierre Fournier qu'en André Navarra. Mais s'il ne croit pas aux écoles, il croit aux filiations. Celles qui le rattachent à son maître Jean Deplace, ancien violoncelle solo du Philharmonique de Strasbourg, qui fut son professeur entre 12 ans et 16 ans. Celui-ci lui a transmis ce rapport lyrique à l'instrument, mais dans la sobriété, ainsi qu'une curiosité et un appétit très larges : « Je ne me souviens pas de ne pas avoir eu envie de jouer une œuvre. »

Depuis trois ans, Marc Coppey joue un nouvel instrument, un Goffriller de 1711 qu'un mécène l'a aidé à acquérir. « Je m'attache passionnément à jouer différemment chaque style de musique, mais la sonorité est la part subjective de l'interprète, sa part intime et unique. » Son nouveau violoncelle, par exemple, a un son plus large que le précédent, qui était plus centré, directionnel. Tout comme Casals, Starker, Jaqueline du Pré ou Yo-Yo Ma, il préfère Goffriller à Stradivarius, dont les instruments ont un peu trop tendance à imposer leur personnalité à l'interprète. Reste, après cela, la question cruciale du réglage. A écouter Coppey parler de la question des cordes, on se rend compte que les baroqueux ont exagéré en prétendant redécouvrir les boyaux naturels après un siècle de cordes en métal. « Casals jouait une corde de « la » non filé, Heifetz les cordes de « la » et « mi », et dans les enregistrements de Furtwängler, il est clair que le Philharmonique de Berlin des années 1940 jouait en boyau. C'était hier ! »

Christian Merlin, Le Figaro, mai 2007



Le portrait de Marc Coppey dans Télérama

Archet Complet
Ouvrir le répertoire confiné de son instrument, cultiver l'art du "jouer ensemble", voilà le credo de l'éclectique directeur du festival de Colmar, qui se tient jusqu'au 11 mai. D'autres musiciens mûrissent dans le secret d'une trajectoire rectiligne. Marc Coppey, lui, explose en arborescence, ramifiant ses activités et explorant tous les possibles, avec la curiosité des perpétuels insatisfaits. Violoncelliste surdoué, il a raflé en 1988 deux des plus hautes récompenses du prestigieux concours Bach de Leipzig - le premier prix et le prix spécial de la meilleure interprétation -, ce qui n'est pas rien quand on vient juste d'avoir 18 ans. Forts de ce viatique, certains se seraient contentés de suivre un chemin tout tracé de brillant soliste international, engrangeant les disques et les concerts, distillant au compte-gouttes quelques master-classes fort courues. La voie du prestige et de la gloire, peut-être, mais aussi une forme d'enterrement de première classe.??Portant en lui cet émerveillement permanent sans lequel la musique n'est qu'un exercice répétitif et fastidieux, Marc Coppey a préféré choisir une voie plus aride qui l'a conduit beaucoup plus loin. Grandi dans l'ombre de prestigieux anciens qui ont traversé la légende avec l'inconscience heureuse des êtres d'exception, il a fait ses débuts à Moscou dans le Trio de Tchaïkovski, avec le violoniste Yehudi Menuhin et la pianiste Viktoria Postnikova, concert immortalisé grâce au réalisateur-violoniste Bruno Monsaingeon. Puis, à l'image de Rostropovitch, qui l'a rapidement invité à « son » festival d'Evian, il s'est toujours attaché à élargir le répertoire stéréotypé, sinon confiné, de son instrument fétiche (un rare Matteo Goffriller, Venise, 1711). Car Marc Coppey joue aussi bien les Suites de Jean-Sébastien Bach (1685-1750) que les Strophes sur le nom de Paul Sacher d'Henri Dutilleux (né en 1916), le sombre Quintette à cordes de Franz Schubert (1797-1828) avec le Quatuor Prazak que les incantations lointaines de la fresque musicale Epiphanie d'André Caplet (1878-1925). Curieux et gourmand de tout, il donne aussi en première audition de nombreuses pièces contemporaines - du Concerto de Jacques Lenot (né en 1945) au premier concerto d'Eric Tanguy (né en 1968) ou encore Hendeka, pièce de Christophe Bertrand (né en 1981). Avec son archet vagabond et un son sensuel et épanoui, il s'inscrit dans la grande tradition des violoncellistes hexagonaux.??Aussi éclectique dans ses activités que dans son répertoire, Coppey intégra également pendant cinq ans le Quatuor Ysaÿe, dont il fut le violoncelliste attitré. L'aventure tourna court, mais sûrement pas la satisfaction d'avoir sacrifié à ce difficile rituel ouvrant sur la quintessence de la musique occidentale... Plus que la confrontation ou l'émulation, Marc Coppey aime l'idée même de rencontre. Il cherche à toucher le génie propre de chacun - celui du compositeur qui crée, celui de l'interprète qui recrée et même de l'auditeur qui écoute. C'est au nom de ce principe intangible qu'il a pris en 2004 la direction artistique du festival de Colmar, afin d'accélérer ces moments de communion entre artistes, ce goût du « jouer ensemble » si cher à Franz Schubert. Peu importe les thèmes - cette année : les musiques slaves -, les mises en regard ou les chemins de traverse : pour Marc Coppey, seuls comptent cette recherche permanente, cet effort désespéré et si rarement atteint pour créer quelques purs instants de grâce...

Xavier Lacavalerie, Télérama, mai 2008







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