SARAH NEMTANU, VIOLON SOLO
Projet : un CD duo de violons avec Déborah.
Elle se demande bien pourquoi l'on s'intéresse à elle., tout. à coup. C'est vrai, quoi, on se fiche bien de cette jeune fille de vingt-cinq ans, depuis quatre ans élevée au rang de violon solo dans le plus prestigieux orchestre au Royaume de France, le National, dirigé par Kurt Masur, un inconnu, elle dont, renseignement pris, le parcours professionnel apparaît comme un sans faute ? Franchement, des bons musiciens, oit en regorge, on ne sait plus qu'en faire. A quoi bon parler d'elle...
Ceci résume en somme l'impression qu'elle donne lorsqu'on insiste un peu avec nos questions et nos gros sabots. Elle fait son boulot, bon et alors ? Ouais, seulement voilà, elle est issue d'une dynastie de violonistes (juifs roumains, ça vous dit quelque chose ?) Le père, Vladimir, naguère violon solo (une maladie héréditaire ?) au. National de Bordeaux-Aquitaine, maintenant professeur au National supérieur de Lyon ; la soeur, Déborah, violon solo (encore !) à l'orchestre que dirige John Nelson, autre inconnu, un débutant... Assez ! Nous l'avions remarquée dans un CD Tchaikowsky (Voir Actu. J. n° 926), d'autant que le livret ne disait pas un mot, de 'cette soliste, juste de quoi exciter la curiosité du chroniqueur. Le hasard fait le reste, qui croise nos chemins à la ville, mais le hasard existe-t-il ? Médaille d'Or de violon dans le Conservatoire de Région où elle se forme, idem de musique de chambre, Premier Prix Maurice Ravel à Saint Jean-de-Lux, un coin de France où (nous y avons nos espions) le niveau est impitoyable. Prix également du concours international Stradivarius. Ultime détail, elle donne des Master Classes à l'étranger et ça a l'air de lui plaire, alors... Et des concerts en avril et mai.
En résumé, c'est vrai, la présente chronique était complètement inutile. Tiens, je vais l'effacer, na ! C'est bien fait.
Lionel Rocheman
Sarah Nemtanu : super-soliste d'exception
Le charme de Schéhérazade dépend beaucoup du premier violon solo. Avec une poésie infinie et une poignante mélancolie, la jeune Sarah Nemtanu met son bel archet au service de la musique de Rimski-Korsakov et contribue grandement au succès de la soirée. Choisie par Kurt Masur, elle devient super-soliste de l'ONF en mai 2002. Née en 1981, Sarah étudie le violon avec son père Vladimir Nemtanu, violon solo de l'Orchestre de Bordeaux Aquitaine. Médaillée d'or au CNR de Bordeaux, elle rencontre Gérard Poulet l'été 1997 et entre dans sa classe au Conservatoire de Paris. Premier Prix Maurice-Ravel à Saint-Jean-de-Luz en 1998, elle joue en compagnie de Georges Pludermacher, Peter Csaba, Bruno Pasquier, Lluis Claret ; en France, au Festival de l'Orangerie de Sceaux, aux Flâneries de Reims, aux Mardis musicaux d'Angers, aux Festivals de Cordes, de Deauville, et en Italie à la Semaine de musique de chambre d'Este. Une corde avec laquelle il faudra compter.
Le Monde de la Musique
Une princesse du violon
Dès les premières notes de la « Chaconne » de Bach, le bonheur de la soirée et assuré. L'exécution de la « Chaconne » est toujours une véritable prouesse. Le violon de Sarah Nemtanu a été superbe (l'un bout à l'autre, lyrique, sensible, émouvant.
Puis ce fut un des moments de plus en plus rares dans les récitals de piano et violon. Le piano de Romain Descharmes était complice du violon de Sarah Nemtanu alors que trop souvent la tendance hégémonique de l'instrument nuit à l'équilibre de l'interprétation. Enfin, un exaltant duo où violon et piano dialoguent avec une précision et un raffinement faits de tendresse et de flambées passionnées. Un enchantement.
v
La Sonatine de Schubert joliment lyrique précédait la Sonate de Debussy. Sarah Nemtanu en a saisi toutes les subtilités d'expression et les nuances de timbre.
Changement de climat avec la Sonate n°1 de Brahms romantique et légèrement élégiaque. Et, en véritable princesse du violon, le jeu de Sarah N emtanu se libère et devient éblouissant dans le « Rondo capriciosso » de Saint-Saëns.
La musicalité fait oublier la virtu osité. L'auditoire enthousiaste n'abonne la jeune artiste, à l'auditori um Maurice-Ravel.
Philippe Barrere
Sud Ouest
Le violon de Sarah
La jeune Sarah Nemtanu monte sur scène, ce soir, accompagnée au piano par Romain Descharmes
Sarah n'a pas tardé à se faire un b..) prénom. Fille du violon-solo de l'orchestre national de Bordeaux-Aquitaine, Vladimir Nemtanu, elle joue aujourd'hui elle aussi dans la cour des grands. Il faut dire qu'elle n'a pas perdu de temps : elle est née en 1981, elle a commencé le violon en 1986, calculez vous-même. Depuis qu'elle a manié son premier instrument, elle n'a cessé de progresser. A 12 ans, elle rencontre Gérard Poulet et entrera dans sa classe au conservatoire en 1997, c'est-à-dire quatre ans plus tard.
Depuis, elle a multiplié les récitals et remporté de nombreux prix dont le premier de l'Académie Ravel de Saint-Jean-de-Luz en 1998. Sur la Côte Basque, elle a eu le loisir de côtoyer de grands maîtres comme Peter Csaba, Bruno Pasquier ou Lluis Claret.
Il y a deux ans, on la retrouve en demi-finale du concours Marguerite Long/Jacques Thibaud. A la mê
me époque, elle reçoit au Conservatoire de Paris un premier prix de violon et un premier prix de musique avec mention très bien. Ouf ! Cette surdouée a eu depuis l'occasion de se perfectionner et d'aller sur des concours internationaux, en Italie et en Espagne. On notera qu'à la fin de l'année dernière, elle a joué le double concerto de Brahms avec un autre précoce génie de la musique, Gautier Capuçon. Et dans la salle de la Cité de la musique de Paris.
Ce soir, à Saint-Jean-de-Luz, à l'auditorium Ravel, Sarah sera accompagnée du pianiste Romain Descharmes, guère plus âgé qu'elle mais lui aussi musicien de grand avenir. Les deuxs jeunes gens interprèteront Bach, Schubert, Brahms, Debussy et Saint-Saëns. Sans doute l'une des plus riches soirées de ces Récitals de printemps.
Sud Ouest
L'Orchestre national de France aux USA: Le retour triomphal de Masur à New York
Hasard ou bien coïncidence... Pour leur première américaine depuis huit ans, et à Carnegie Hall s'il vous plaît, sans doute les musiciens de l'Orchestre national de France ne s'attendaient-ils pas à pareil challenge : le même soir, à la même heure et à quelques blocs de là, leurs éminents collègues du Phi-harmonique de New York donnaient, pour partie, semblable programme - la Shéhérazade de Rimski-Korsakov. Combat impromptu de David contre Goliath? Voire. Mais combat (feutré) de chefs, assurément : Masur, de retour sur ses anciennes terres musicales new-yorkaises, défiant avec l'ONF Lorin Maazel, qui lui-même, il y a plus de quarante ans. menait les Français dans une mémorable tournée américaine ! L'affiche ne pouvait s'inventer... Ayant entendu son orchestre maison, déjà, la veille, le New York Times a finalement cédé au « récit vibrant » du National.
Il faut dire que Kurt Masur conjugua ce soir-là avec un bonheur rare la rigueur, si caractéristique de son geste, à une vitalité, une sorte d'improvisation qui vont si bien à cette page-là. Réponse fervente de l'orchestre, qui ici à Carnegie Hall, comme dans la plupart des salles qui jalonneront ce périple américain (Boston!) respire comme jamais à Paris... L'archet mordoré de la jeune concertmaster Sarah Nemtanu ensorcelle. Un Vol du Bourdon espiègle en forme de bis et standing ovation, donc, pour les Français en Amérique et pour le plus Américain des french pianists - Jean-Yves Thibaudet, technicien délicat dans une première partie de soirée (Fantaisie pour piano et orchestre de Debussy et Concerto en sol de Ravel).
Stéphane Grant
|